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Zinguerie de toiture : faîtage, noue, solin, closoir et prix des reprises

La couverture évacue l'eau sur les surfaces, la zinguerie s'occupe de tout le reste : les crêtes, les angles, les jonctions avec un mur ou une cheminée, les bords et la collecte vers les descentes. C'est là que fuient la plupart des toits. Comptez 40 à 95 € le mètre linéaire pour des gouttières en zinc posées en Auvergne-Rhône-Alpes, 15 à 75 € en PVC, 35 à 115 € en aluminium et 75 à 220 € en cuivre. Une infiltration complexe sur noue ou chéneau se reprend entre 440 et 2 750 €. En montagne, deux exigences s'ajoutent : les arrêts de neige et la gestion de la glace à l'égout.

Toits d'un hameau de montagne dans la brume avec noues et faîtages visibles

Ce que la zinguerie fait, et ce que la couverture ne fait pas

Sur un toit, l'eau se comporte simplement : elle descend jusqu'à rencontrer un obstacle. Les tuiles et les ardoises gèrent parfaitement les grandes surfaces inclinées. Elles ne savent rien faire aux endroits où deux plans se croisent, où la couverture bute contre un mur ou une souche de cheminée, où elle s'arrête net au bord du toit. Ces endroits, on les appelle les points singuliers, et c'est la zinguerie qui les traite.

Conséquence pratique : une toiture dont les tuiles sont impeccables peut fuir depuis dix ans par une noue usée. Quand un propriétaire dit « mon toit est encore bon mais il prend l'eau », c'est presque toujours de zinguerie qu'il s'agit.

Le métier s'appelle couvreur zingueur. Dans la région, il concerne les 1 082 entreprises de couverture inscrites au registre Sirene, avec une pratique qui varie selon les massifs : le façonnage à l'atelier, le pliage sur chantier et la soudure à l'étain restent des gestes de compagnon que toutes les entreprises ne maîtrisent pas au même niveau.

Les pièces, du sommet à l'égout

Suivons une goutte d'eau, du faîtage jusqu'à la descente. À chaque étape, une pièce et un mode de défaillance.

PiècePositionCe qu'elle empêcheComment elle lâche
FaîtageCrête horizontale du toitEntrée d'eau et de neige poudreuse au sommetMortier fissuré par le gel, faîtières mobiles au vent
Closoir ventiléSous les faîtièresPassage des oiseaux et de la neige, tout en laissant l'air sortirBande décollée, déchirée par les rafales
ArêtierArête inclinée entre deux pansMême rôle que le faîtage, sur une ligne obliqueTuiles glissées, scellement tombé
NoueAngle rentrant entre deux versantsDébordement du flux concentré de deux pansMétal usé par le ruissellement, débris accumulés, feuilles
Solin et bavetteContre un mur, une cheminée, une lucarnePassage de l'eau à la jonction verticaleEngravure ouverte, mastic sec, bavette trop courte
RiveBord latéral, côté pignonSoulèvement au vent et ruissellement sur le pignonBande relevée, tuiles de rive fendues
Abergement de cheminéePourtour complet de la soucheInfiltration au pied de la souche, quatre jonctions à la foisFissure du solin amont, dérivation absente
ChéneauCanal encaissé dans la toitureÉcoulement invisible depuis la rueBouchon de débris, soudure fendue, fond de planches pourri
GouttièreSuspendue à l'égoutRuissellement le long de la façade et des fondationsPente inversée, crochets cassés, soudures percées
Descente et dauphinVerticale jusqu'au solRejet de l'eau au pied du murCoude disjoint, dauphin en fonte fendu par le gel

Ordre de recherche d'une fuite : noue et chéneau d'abord, abergement de cheminée ensuite, faîtage et rives enfin. Le guide fuite de toiture reprend cette méthode point par point.

Zinc, aluminium, cuivre, acier laqué

Quatre métaux se partagent le marché, avec des logiques régionales nettes.

Zinc

Le standard. Léger, soudable à l'étain, il se patine en gris clair et cette patine le protège. Il se travaille bien par temps doux et se fend s'il est plié à froid en dessous de 5 °C, contrainte réelle sur un chantier de fin d'automne en altitude. Il existe en naturel, en prépatiné (teinte grise dès la pose, souvent demandée en secteur protégé, à Chambéry, à Annecy ou dans le Vieux-Lyon) et en version laquée.

Aluminium

Très présent sur les gouttières de maisons individuelles, en particulier en profilé continu formé sur place, sans soudure. Il supporte bien l'humidité et se laque dans la teinte souhaitée. Il convient moins aux ouvrages complexes de noue ou d'abergement, qui demandent une soudure.

Cuivre

Le plus durable et le plus cher, réservé aux bâtiments d'exception et à quelques rénovations patrimoniales. Sa règle d'incompatibilité est stricte : jamais en amont d'un zinc ou d'un aluminium.

Acier laqué et PVC

Le PVC domine l'entrée de gamme, à 15 à 75 € le mètre posé. Il vieillit mal aux ultraviolets et devient cassant au froid, un vrai sujet dans les vallées où l'on compte 53 à 70 jours de gel par an. Sur une maison de montagne, il constitue une économie de court terme.

Prix des gouttières et des reprises

OuvragePrix en régionRemarque
Gouttières PVC posées15 à 75 €/mlEntrée de gamme, sensible au gel
Gouttières aluminium posées35 à 115 €/mlProfilé continu, teinte au choix
Gouttières zinc posées40 à 95 €/mlStandard régional, soudure à l'étain
Gouttières cuivre posées75 à 220 €/mlPatrimoine, bâtiments d'exception
Réparation de fuite courante220 à 495 €Solin repris, joint refait, tuile remplacée
Infiltration complexe440 à 2 750 €Noue, chéneau, reprise avec dépose partielle
Échafaudage10 à 75 €/m²Selon la hauteur et la durée de location

Prix TTC 2026 (abctravaux, travaux.com, prix-pose, mesdepanneurs), coefficient régional de 1,10, TVA à 10 % pour un logement de plus de deux ans. Sur une maison courante de 22 mètres linéaires de gouttières, le passage du PVC au zinc représente environ 550 à 1 100 € de différence, pour une durée de vie multipliée par deux ou trois.

Arrêts de neige et glace à l'égout

C'est le chapitre qui distingue la zinguerie de montagne du reste du pays. Deux problèmes se posent, et ils n'ont pas la même solution.

La coulée de neige. Sur un toit en pente, une plaque de neige lourde peut glisser d'un bloc et emporter une gouttière, une antenne, un conduit, voire blesser quelqu'un en contrebas. Les arrêts de neige, crochets ou barres continues fixés en partie basse du versant, retiennent la masse et la laissent fondre sur place. Ils se dimensionnent en fonction de la zone de neige, de la longueur du rampant et de la pente. En zone E, qui couvre la Maurienne, la Tarentaise, le Beaufortain, les Aravis, le Chablais et la vallée de l'Arve, ils ne se discutent pas.

La barrière de glace. Elle se forme quand la chaleur qui s'échappe d'un comble mal isolé fait fondre la neige en partie haute ; l'eau descend, atteint l'égout resté froid, et y regèle. Le bourrelet grossit, l'eau stagne derrière et remonte sous les éléments de couverture. Les stalactites au bord du toit en sont l'indice visible. Aucune zinguerie ne corrige ce défaut : la réponse est l'isolation et la ventilation de la lame d'air, détaillées dans le guide isolation de toiture. La zinguerie, elle, doit être conçue pour ne pas se déformer sous la glace : chéneaux dimensionnés large, crochets rapprochés, descentes suffisamment nombreuses.

À Chambéry, à Annemasse ou dans les vallées de l'Isère, un devis de gouttières qui ne mentionne ni le nombre de crochets au mètre ni la présence d'arrêts de neige mérite une question avant signature.

Dilatation et compatibilité des métaux

Le métal bouge avec la température. Entre une nuit à moins 10 °C en Haute-Loire et une tôle exposée plein sud à 60 °C en juillet dans la Drôme, l'amplitude est considérable. Un ouvrage long, chéneau ou gouttière d'un seul tenant, doit comporter des joints de dilatation, faute de quoi le métal se fend ou déchire ses soudures. Sur un devis, ces joints se comptent et se situent : leur absence sur un linéaire de plus de dix mètres est un signal d'alerte.

La compatibilité des métaux relève de la même vigilance. Le cuivre ne se pose jamais en amont d'un zinc ou d'un aluminium. Les fixations doivent être compatibles avec le métal qu'elles tiennent : acier inoxydable ou métal identique, jamais d'acier nu. Enfin, certains bois de charpente riches en tanin, chêne et châtaignier, attaquent le zinc en contact direct sous l'effet de l'humidité, ce qui impose une interposition.

Entretien : le calendrier utile

  • Fin d'automne : curage des gouttières, des chéneaux et des crapaudines, une fois les feuilles tombées. C'est l'intervention la plus rentable de l'année.
  • Fin d'hiver : contrôle après les épisodes de neige et de gel, avec vérification des crochets, des faîtages et des solins. Dans les départements à 50 jours de gel ou plus, c'est le rendez-vous à ne pas manquer.
  • Tous les trois ans : inspection des soudures et des joints de dilatation par un professionnel, depuis le toit, avec photos.
  • Au moment du démoussage : profitez de la présence de l'entreprise pour faire contrôler la zinguerie, comme le suggère le guide démoussage de toiture.

Points de contrôle du devis

  1. Le métal et son épaisseur, pièce par pièce, pas la simple mention « zinguerie ».
  2. Le métrage linéaire de chaque ouvrage, avec le nombre de descentes, de coudes et de dauphins.
  3. Les fixations : nature, matière et nombre de crochets au mètre, mode d'ancrage des arrêts de neige.
  4. Les jonctions : soudures, manchons, position et nombre des joints de dilatation.
  5. La reprise de la couverture adjacente : dépose et repose des tuiles le long des noues et des solins, engravure dans la maçonnerie.
  6. Le support : fond de chéneau, voligeage, remplacement des bois altérés avec un prix unitaire.
  7. L'accès et les déchets : échafaudage ou nacelle, autorisation de voirie en centre ancien, évacuation des métaux.
  8. Les mentions administratives : SIRET, assurance décennale valide à la date de signature, TVA à 10 %, délai et conditions de report par mauvais temps.

Un changement d'aspect visible depuis l'espace public, passer d'un zinc naturel à un aluminium laqué de couleur par exemple, constitue une modification de l'aspect extérieur et relève de la déclaration préalable, avec avis de l'architecte des Bâtiments de France en secteur protégé. À Lyon, à Saint-Étienne ou à Montélimar, la règle se vérifie en mairie avant la commande. Les fourchettes complètes de la couverture figurent dans le guide des prix au m², et les couvreurs de votre commune sont listés depuis l'accueil.

Questions fréquentes

Quel est le prix de gouttières en zinc posées ?

De 40 à 95 € le mètre linéaire en Auvergne-Rhône-Alpes, contre 15 à 75 € en PVC, 35 à 115 € en aluminium et 75 à 220 € en cuivre. Ces prix comprennent les crochets et les soudures, mais pas les descentes, ni l'échafaudage, ni la dépose de l'ancien profil, qui se chiffrent séparément.

Quelle différence entre un chéneau et une gouttière ?

La gouttière est suspendue à l'égout, à l'extérieur de la façade, sur des crochets visibles. Le chéneau est encaissé dans la toiture, derrière une corniche ou entre deux volumes, invisible depuis la rue. Un débordement de gouttière tombe au sol ; un débordement de chéneau part dans la maçonnerie et le plancher haut, ce qui rend son entretien beaucoup plus critique.

À quoi sert un closoir ventilé ?

C'est une bande souple, en aluminium plissé ou en matériau synthétique, glissée sous les tuiles faîtières. Elle ferme le passage à la pluie, à la neige poudreuse et aux oiseaux tout en laissant l'air sortir des combles. Elle remplace le scellement au mortier, qui se fissure sous les cycles de gel, très nombreux ici.

Les arrêts de neige sont-ils obligatoires en montagne ?

Aucun texte national ne les rend systématiquement obligatoires, mais ils s'imposent dès qu'un toit surplombe une entrée, un trottoir, une terrasse ou un stationnement en zone de neige C2, D ou E, et un arrêté municipal peut les imposer. Sur un toit refait en Savoie, en Haute-Savoie ou en Isère d'altitude, ils figurent au devis d'un couvreur sérieux.

Peut-on poser du cuivre au-dessus d'une gouttière en zinc ?

Non. L'eau qui ruisselle sur du cuivre se charge d'ions qui perforent le zinc et l'aluminium situés en aval, en quelques années. La règle est simple : jamais de cuivre en amont d'un autre métal, et pas de fixation en acier non protégé au contact du zinc.

La reprise de zinguerie est-elle aidée ?

Non, aucune aide énergie ne la finance. Elle relève de la TVA à 10 % pour un logement achevé depuis plus de deux ans, comme la couverture, le démoussage ou la réparation de charpente.

Des couvreurs en Auvergne-Rhône-Alpes chiffrent votre toit

Gouttières fatiguées, noue percée, faîtage descellé : décrivez ce que vous constatez, des couvreurs zingueurs du secteur vous rappellent avec un devis détaillé au mètre.

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